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L'INTRUSION — L'INTÉGRALE 

By Ty

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Le claquement lourd du verrou électromagnétique résonna dans la salle d'enquête comme une sentence. Un bourdonnement strident secoua les haut-parleurs muraux, et en une fraction de seconde, les écrans de contrôle basculèrent du vert au rouge sang.

SYSTÈME COMPROMIS. PROTOCOLE OMEGA ACTIVÉ.

Les néons du plafond clignotèrent avant de s'éteindre, remplacés par la lueur stroboscopique des lampes de secours orange.

— Les transmissions sont coupées ! hurla le Général Valois, la mâchoire serrée, tout en dardant un regard de glace sur le Sergent-Chef. Qui a l'accès administrateur ?

Julien Lefebvre recula d'un pas, le dos collé contre le mur en béton armé. Sa sueur perlait sur son front, trahissant sa panique soudaine.

— C’est... c’est impossible ! balbutia-t-il, les mains tremblantes. Le protocole Omega exige les codes du Pentagone ou la biométrie directe du Général !

D'un mouvement fluide, la Capitaine Élodie Dubois dégaina son arme de service. La culasse recula avec un déclic sec. Son regard était fixé sur l'objectif de la caméra de surveillance, dont l'image grésillait à présent.

— Ils n'ont pas hacké le système, mon Général, murmura-t-elle. Ils l'utilisent de l'intérieur.

Dans le silence lourd, un souffle rauque s'éleva par les grilles d'aération, suivi de près par un tic-tac numérique fantôme projeté sur la vitre sans tain. Valois la regarda, l'angoisse au ventre :

— Élodie... qu'est-ce qu'on cherche vraiment dans cette base ?

— Pas des documents, mon Général. Un fantôme. Et il vient de signer son rapport.

Soudain, un impact d'une violence inouïe secoua la porte blindée de l'extérieur. Lefebvre poussa un cri et braqua son arme au hasard. Sur la table, la plaque d'identification ternie qu'Élodie venait de poser se mit à vibrer. D'un geste précis, elle la glissa dans sa poche tactique.

— S'ils contrôlent le secteur B, on est piégés, trancha Valois.

Élodie pivota et pointa du menton la grille d'évacuation de la ventilation.

— Si, mon Général. Celle par laquelle il est entré.

Élodie fut la première à grimper. Bámant solidement les mains sur les barres métalliques froides, elle se glissa dans le boyau étroit et étouffant.

— Montez, mon Général ! ordonna-t-elle.

Valois, malgré son âge, fit appel à ses vieux réflexes de soldat et se hissa à son tour. Lefebvre suivit en tremblant de tous ses membres.

— Dépêchez-vous, imbécile ! lança Élodie en le tirant par le col, avant de refermer d'un coup de pied la trappe métallique.

En bas, les bruits de pas lourds d'une escouade de mercenaires envahirent la pièce. Une rafale transperça la porte blindée, tandis que le trio rampait en silence dans l'obscurité oppressante. L'air empestait la rouille, la sueur et l'huile de moteur. Élodie s'arrêta soudain à une intersection, juste au-dessus d'une grille surplombant le secteur hautement sécurisé des serveurs principaux.

À travers le grillage, baigné dans une lueur bleutée, un homme en tenue tactique noire, sans le moindre insigne, branchait une clé de cryptage sur la console centrale.

Le Général Valois retint son souffle. Élodie sortit lentement de sa poche la plaque d'identification ternie. En bas, l'intrus stoppa net ses mouvements et leva lentement la tête, fixant directement le conduit d'aération.

— Il... il nous voit ? bégaya Lefebvre, au bord de l'hystérie.

— Tais-toi ! siffla Élodie.

Valois serra les dents, l'œil inquisiteur :

— Capitaine, il est en train de purger les serveurs centraux. Si on ne fait rien, tous les secrets de la défense nationale vont disparaître.

Sans hésiter, Élodie deserra les vis du panneau d'aération.

— Au signal, on saute. Trois mètres. Prêts ?

Clac. Le grillage tomba. Élodie se laissa glisser la première, atterrissant avec une agilité féline au milieu de la brume artificielle. Valois suivit immédiatement derrière.

L'intrus pivota, armant son silencieux. Mais Élodie riposta à genoux, décochant des tirs de suppression qui embrasèrent la console. Une violente mêlée s'engagea. Valois tenta d'intervenir mais fut terrassé par un coup de pied redoutable. Élodie engagea un combat au corps à corps d'une rare intensité. Dans un éclair de lumière, elle aperçut distinctement une longue cicatrice sur le cou de son adversaire — la même signature que sur la plaque militaire.

L'homme s'approcha, posant ses lèvres contre son oreille dans un souffle glacial :

— Tu arrives trop tard, Capitaine.

Un bip strident retentit alors à travers toute la salle. L'autodestruction venait de s'enclencher : 10... 9... 8...

L'intrus recula brusquement, disparut dans la fumée blanche en jetant une grenade fumigène aveuglante, et s'évanouit par une issue de secours.

— Merde ! cracha Élodie en relevant le Général Valois, qui peinait à respirer.

3... 2... En haut, Lefebvre hurlait de terreur derrière la grille bloquée.

1...

L'onde de choc de l'explosion projeta Élodie et le Général dans le couloir au moment même où les flammes dévoraient le bloc informatique. Le vacarme des alarmes incendie couvrait les bruits de la base en plein chaos.

Allongé sur le béton noircit, Valois posa une main tremblante sur sa poitrine, les yeux écarquillés :

— Ce n'était pas un soldat ordinaire, Élodie... C'est un fantôme que j'ai cru enterrer il y a dix ans, aux frontières.

Élodie se releva lentement, la main crispée sur son arme et sur la plaque ternie enfouie dans sa poche. Son regard reflétait la lueur des flammes et une détermination inflexible.

— Qu'il vienne du passé ou de l'enfer, mon Général... on va le retrouver. La chasse ne fait que commencer.