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Les Murmures de la Chambre 402 — Partie 2

By trennui

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Le sifflement strident de l'appareil de surveillance médicale semblait rythmer les battements de cœur affolés de la pièce. L'Officier Martin repoussa fermement l'épaule de la Directrice, forçant la femme d'âge mûr à s'asseoir lourdement sur une chaise en plastique blanc.

Malgré les menottes froides qui enserraient ses poignets, elle redressa son tailleur bordeaux avec un reste de superbe hautaine, bien que son regard perçant trahît désormais une panique latente.

— Restez calme, Madame, prononça l'officier d'une voix de marbre. Vous êtes formellement accusée de falsification de dossiers médicaux et de mise en danger délibérée d'autrui. Vos explications, c'est au poste qu'elles devront être données.

Un rire nerveux, sec et haut perché échappa aux lèvres de la directrice.

— Vous n'avez absolument rien contre moi ! cracha-t-elle avec mépris. Cet hôpital m'appartient... ou du moins, les personnes qui tirent les ficelles veilleront à ce que ce scandale ne sorte jamais de ces murs stériles.

Vous jouez avec des forces qui vous dépassent, petit agent.

L'homme en costume sombre fit un bond en avant, les veines de son cou saillant sous l'effet d'une rage noire.

Il manqua de s'effondrer sur elle, les poings serrés à s'en blanchir les phalanges, mais le bras tendu de l'officier le stoppa net.

— Tais-toi ! hurla-t-il, la voix brisée par les larmes contenues. Espèce de monstre ! Tu as failli la tuer... tu as détruit notre famille pour couvrir tes trafics d'organes et tes expériences clandestines !

Regarde-la dans les yeux et dis-lui que ce n'est pas vrai !

C'est alors qu'une voix s'éleva, d'une clarté glaçante, coupant net les éclats de voix. Allongée sur son lit d'hôpital, la chemise rose pâle froissée, la petite fille de neuf ans tourna lentement la tête vers eux.

Ses grands yeux calmes, d'une maturité effrayante, se posèrent sur la directrice.

— Papa, ne crie pas. Elle a peur, murmura la jeune patiente. Elle sait que la clé USB cachée dans le tiroir secret de son bureau contient tous les transferts bancaires de la Fondation.

Le visage de la directrice se décomposa instantanément. Le masque de froideur absolue vola en éclats, révélant un gouffre d'effroi. Ses pupilles se dilatèrent, cherchant désespérément une issue dans cette chambre devenue trop étroite.

— Comment... comment tu sais pour le tiroir ? bégaya-t-elle, sa voix se transformant en un souffle rauque et paniqué. Personne ne connaît le code... personne ! C'est impossible !

Un sourire imperceptible, presque cruel sur un visage d'enfant, fleurit sur les lèvres de la fillette.

— Tu penses que j'étais inconsciente pendant mes séjours au bloc B ? J'ai l'ouïe fine, Madame la Directrice. Et j'ai enregistré chaque conversation compromettante avec ton complice, le chirurgien en chef.

Comprenant l'immensité de la découverte, l'Officier Martin porta immédiatement sa radio portable à sa bouche, le visage tendu par l'urgence.

— Ici l'Officier Martin. Équipe d'intervention, sécurisez immédiatement le bureau de la direction au troisième étage. Saisissez tout le matériel informatique et cherchez un double fond ou un tiroir codé. Ne touchez à rien d'autre.

— Espèce de petite peste ! hurla la directrice, perdant tout contrôle, ses traits tordus par la haine. Je vais vous détruire, vous et toute votre misérable lignée !

Vous croyez m'avoir arrêtée, mais ce n'est que le début d'une longue descente aux enfers !

Au même instant, la porte de la chambre s'ouvrit brutalement à la volée. Deux autres agents en civil firent irruption, brandissant un mandat d'perquisition numérique fraîchement validé par le procureur. L'un d'eux, essoufflé, s'adressa directement à l'officier.

— C'est bon, Officier ! On a la clé USB, les dossiers papiers cachés et les registres de comptes offshore. Son réseau est entièrement démantelé.

Sans un mot de plus, l'officier empoigna la directrice par le bras et la poussa vers la sortie, l'entraînant hors de la chambre sous les néons froids du couloir.

L'homme en costume s'effondra à genoux près du lit, enfouissant son visage dans ses mains tandis que des sanglots de soulagement secouaient ses épaules.

La fillette, immobile sur ses oreillers, regarda la porte se refermer lentement, murmurant pour elle-même dans un souffle à peine audible :

— Justice est rendue... pour l'instant.